Compétition
Échappées

Des courts et moyen métrages qui échappent à toute classification et osent les chemins de traverse. 28/01 à 16:45 - Séance #1 - Galeries Their Eyes (Nicolas Gourault) ODAMADO (Émilien Dubuc) +10K (...)
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Des courts et moyen métrages qui échappent à toute classification et osent les chemins de traverse.

28/01 à 16:45 - Séance #1 - Galeries

  • Their Eyes (Nicolas Gourault)
  • ODAMADO (Émilien Dubuc)
  • +10K (Gala Hernández López)

28/01 à 19:00 - Séance #2 - Beursschouwburg

  • Wishful Filming (Sarah Vanagt)
    + accompagné de Dad’s Stick (John Smith)

30/01 à 18:45 - Séance #3 - Galeries

  • O Rio de Janeiro Continua Lindo (Felipe Casanova)
  • Ramallah, Palestine, décembre 2018 (Juliette Le Monnyer)
  • 67 millisecondes (fleuryfontaine)
  • Al Basateen (Antoine Chapon)

Their eyes

FR, 2025 - 22'
Their Eyes explore le quotidien de travailleurs et travailleuses (...)

Their Eyes explore le quotidien de travailleurs et travailleuses du Venezuela, du Kenya et des Philippines, qui annotent sans relâche des images pour des voitures autonomes américaines. Ils façonnent la manière dont les machines perçoivent un monde dont ils sont eux-mêmes exclus...

How does a machine learn to read the world ? Testimonies and screen recordings introduce the experience of online micro-workers from the Global South : their job is to teach the AI of self-driving cars to navigate the streets of the Global North.

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Le premier geste de Their Eyes serait de reconfigurer un paysage : chacune de ses images, décomposées selon des zones de métadonnées minimalistes (“human”, “building”, …), raconte la transformation de notre réel vers un regard de machine. Notre point de vue, c’est celui de ces voitures autonomes qui peuplent de plus en plus nos villes, et de l’histoire sociale de leur technologie. Derrière ces tableaux stupéfiants de décors urbains simplifiés pour l’IA, un travail d’objectivisation du réel réalisé par des travailleur·euses basé·es aux quatre coins du Sud Global pour entraîner ces voitures à lire le paysage de nos villes du Nord, pour différencier un humain d’un arbre, une rue d’un passage piétons, matérialisant soudainement une “géopolitique du trottoir” calquant celle des distinctions sociales. Dans Their Eyes, leurs voix mais pas leurs visages pour faire le récit d’une modernité post-humaine. Dans ce monde où les corps deviennent pixels, puis tracés, que sommes nous aux yeux d’une caméra autonome, sinon une donnée qui ne fait plus de différence entre ciel, poubelle et humain ? - Vivien Ghiron

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Festivals :

  • Berlinale shorts 2025​
  • Indie Lisboa Film Festival – Grand prix meilleur court métrage 2025​
  • Leiden Shorts Film Festival 2025
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ODAMADO

FR, 2024 - 26'
"Une photo de mon frère et moi dans le jardin, un enregistrement (...)

"Une photo de mon frère et moi dans le jardin, un enregistrement de ma grand-mère qui chante, une lettre écrite un an après sa mort : 200 ko de données stockées dans de l’ADN, le disque-dur du futur. Mes souvenirs ont pris une forme physique, ils sont en poudre au fond d’un tube, stables pour l’éternité. ODAMADO, manuel imparfait pour apprendre à stocker nos souvenirs dans l’ADN".

A family picture in the garden, a recording of my grandma singing, a letter written to her one year after she died : 200 kB data stored in DNA, the hard drive of the future. My memories materialised in a powder at the bottom of test tube, stable for eternity. ODAMADO, an imperfect manual for storing memories into DNA.

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Quelle serait la matérialité compressible d’un souvenir ? Émilien Dubuc ne s’émeut pas de l’arbitraire d’une sélection, de ce qu’il faudrait garder ou oublier, mais invente une méthode en prenant à corps le codage d’ADN pour stocker 200 kilooctets d’évocations de sa grand-mère. Cette technologie aux atours de science-fiction devient alors un cadre, un dispositif pour ouvrir nos questionnements mémoriels à l’ère du tout-numérique et la data, mais surtout de leur compression. Celle-ci ne serait alors plus une fatalité de la perte, mais un élan contraint : que conserver pour continuer à faire exister ? En jouant des co-actions esthétiques imposées par cette injonction de compression, ODAMADO saisit la texture même de son opération, à la hauteur d’une donnée et de ses potentialiés cinématographiques, en pleine conscience de son vertigineux enjeu formel, mais en gardant les limites de son langage. Parler de ses morts n’est alors plus une question de filmer la douleur, du vivant ou du mort, mais de le transformer en données finies, et la chorégraphie émotionnelle et technique qu’elle implique. - Vivien Ghiron

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Festivals :

  • Film Fest Gent 2025
  • 25fps 2025
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+10K

FR, ES, 2025 - 30'
Pol a 21 ans et vit avec sa grand-mère. Il rêve de vivre à Miami et (...)

Pol a 21 ans et vit avec sa grand-mère. Il rêve de vivre à Miami et de générer +10k par mois. Il assiste à des événements de développement personnel, suit des coachs en ligne et investit dans les cryptomonnaies. Pol ne sait pas quand il atteindra ses objectifs pour devenir la meilleure version de lui-même. La seule chose qu’il sait, c’est qu’un jour, il y arrivera.

Pol is 21 and lives with his grandmother. He dreams of living in Miami and generating +10k a month. He attends personal development events, follows online coaches and invests in cryptocurrencies. Pol doesn’t know when he’ll reach his goals of becoming the best version of himself. The only thing he knows is that one day, he’ll get there.

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Festivals :

  • Cannes Director’s Fortnight 2025
  • IDFA 2025
  • Sarajevo Film Festival 2025
  • Festival du Nouveau Cinéma 2025
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Wishful Filming

BE, 2025 - 36'
Munie d’une caméra de poche, Sarah Vanagt traverse Bruxelles et (...)

Munie d’une caméra de poche, Sarah Vanagt traverse Bruxelles et s’attarde sur ses chantiers. Elle y rencontre des ouvriers venus d’ailleurs, occupés à bâtir la ville de demain. À travers un dispositif participatif, la réalisatrice les invite à écrire un vœu et à le glisser dans les interstices de l’architecture. Le geste est presque invisible, mais il transforme silencieusement le regard porté sur la ville. Derrière les briques, sous les pavés, dans les fondations, circulent désormais des désirs destinés à rester cachés. Entre observation et intervention, Wishful Filming montre comment une action minuscule peut néanmoins fissurer le tissu urbain et y faire entrer une pensée poétique et politique, tout en invitant le spectateur à découvrir la ville autrement. - Annagrazia Graduato

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Festivals :

  • DocLisboa 2025 – Healthy Workplaces Film Award
  • IDFA 2025
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O Rio de Janeiro Continua Lindo

BE, BR, CH, 2025 - 24'
Au cœur de la ferveur du Carnaval de Rio, Ilma écrit à son fils. (...)

Au cœur de la ferveur du Carnaval de Rio, Ilma écrit à son fils. Comment ressent-elle sa présence dans la foule ? Suspendue dans le temps, la fête devient un espace de mémoire et de résistance politique.

Within the revelry of Rio’s Carnival, Ilma writes to her son. How does she sense his presence in the crowd ? Suspended in time, the celebration becomes a space of memory and political resistance.

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Festivals :

  • Locarno Film Festival 2025​ – Pardino d’oro
  • Film Fest Gent 2025
  • RIDM 2025
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Ramallah, Palestine, décembre 2018

BE, 2025 - 10'
A Ramallah, la caméra s’installe et observe. En un seul (...)

A Ramallah, la caméra s’installe et observe. En un seul plan-séquence, le film capte un moment de tension dont les contours se dessinent progressivement. Des hommes et des enfants observent quelque chose hors champ : un événement grave est en train de se produire. Par de lents déplacements et de subtils recadrages, le champ s’élargit et la situation se révèle. La caméra laisse le temps au réel de se déployer, dans toute sa durée et sa violence.
Sans montage ni commentaire, l’occupation palestinienne est sous nos yeux. L’image devient un espace d’attente et d’observation, où filmer implique le risque de rester.
Ramallah, Palestine, décembre 2018 propose ainsi une expérience de regard directe et engagée, faisant d’un geste cinématographique radical un acte de témoignage, au moment précis où l’Histoire est en train de basculer. - Annagrazia Graduato

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Festivals :

  • CPH:DOX 2025
  • Ji.hlava International Documentary Film Festival 2025
  • Beijing International Short Film Festival 2025
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Soixante-sept millisecondes

FR, 2025 - 15'
C’est d’abord le récit d’une enquête - pas à la recherche d’un (...)

C’est d’abord le récit d’une enquête - pas à la recherche d’un coupable, mais d’une trajectoire. Sixty-seven Milliseconds décompose une image beaucoup trop vue ces dernières années : une violence policière, une “bavure”, captée par une caméra et dont on va modéliser un double virtuel pour mieux la disséquer. D’où part la balle, à quelle vitesse, quel angle, quel impact. L’image vidéo est alors réduite à sa plus basique donnée technologique, celle d’un cinéma primitif de l’époque Muybridge : un nombre précis de frames par secondes, imprimant chaque instant à valeur objective : vitesse, regards, lumière, murs se croisent en une milliseconde de réel que l’on coupe, redécoupe, laisse respirer pour en appréhender toute la pesanteur et laisser entrevoir le vertige d’une vie qui bascule. Une puissante expérience sensible de dilatation temporelle comme une prise de pouvoir des outils de contrôle, où l’image et la 3D se font la justice des humains - mais pour encore combien de temps ? - Vivien Ghiron

In search of a bullet whose trail has been captured on surveillance camera footage, the film follows its trajectory and those of its main protagonists. Blending the early cinema technique of chronophotography with CGI, Sixty-seven milliseconds questions the legitimacy of policing in France and warns of its excesses.

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Festivals :

  • Visions du Réel 2025
  • IndieLisboa2025
  • Leiden Shorts 2025
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Al Basateen

FR, 2025 - 24'
En 2015 à Damas, le quartier de Basateen al-Razi a été rasé pour (...)

En 2015 à Damas, le quartier de Basateen al-Razi a été rasé pour punir la population de s’être soulevée contre le régime de Bachar al-Assad. Dans Al Basateen, Antoine Chapon choisit un dispositif d’une justesse saisissante pour raconter cette histoire : un mélange de prises de vue réelles, d’archives et un réemploi d’animations 3D issues des images de « landscaping » produites par le régime lui-même. Ce détournement formel permet une réappropriation de l’espace, activant la mémoire comme une forme de résistance contre l’effacement programmé du quartier. Porté par les récits de deux ancien.ne.s résident.e.s, le film trouve un équilibre précieux entre dimensions politique, sociale et émotionnelle. Par un montage d’une grande élégance, les strates complexes de cette histoire émergent peu à peu, restituant la présence et la dignité des familles syriennes effacées de l’histoire. - Patrick Tass

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Festivals :

  • Berlinale Forum Expanded 2025
  • Côté Court 2025
  • États généraux du film documentaire de Lussas 2025
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