Compétition
Échappées

Des courts et moyen métrages qui échappent à toute classification et osent les chemins de traverse.
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Des courts et moyen métrages qui échappent à toute classification et osent les chemins de traverse.

Make it look real

(ایسے جیسے حقیقت)
PAK, NL, BE, 2024 - 68'
Dans une galerie marchande pakistanaise, Sakhi tient un petit (...)

Dans une galerie marchande pakistanaise, Sakhi tient un petit studio de photographie ouvert aux passants. Un à un, les clients passent commande entre ces murs tapissés de portraits retouchés (ajout de décors paradisiaques, d’accessoires divers ou de célébrités). Sakhi, lui, rêve de rejoindre l’Europe pour fuir ses conditions de vie difficiles. Make it look real, titré d’après la demande insolite d’un client, narre la rencontre du photographe avec le réalisateur Danial Shah, également originaire du Pakistan. Malgré les différences de classe, les deux hommes nouent une relation authentique et complice, au point de se filmer mutuellement. À travers les demandes des clients se dessine un panorama de la société pakistanaise, hantée par le terrorisme et le conservatisme ambiant. Et lorsque Danial Shah sort du studio, il filme la communauté qui prend vie dans la galerie malgré les tumultes de l’extérieur.
Par un jeu de dispositifs variés et ludiques, le réalisateur signe un documentaire à la fois drôle, touchant et éminemment politique, où filmeur et filmé se partagent le beau rôle.

In a Pakistani shopping mall, Sakhi runs a small photography studio open to passers-by. One by one, customers place orders between these walls lined with retouched portraits (adding heavenly settings, various accessories or celebrities). Sakhi, for his part, dreams of reaching Europe to escape his difficult living conditions. Make it look real, titled after a client’s unusual request, recounts the photographer’s meeting with director Danial Shah, also from Pakistan. Despite their class differences, the two men forge a genuine and complicit relationship, to the point of filming each other. Through the requests of their clients, a panorama of Pakistani society emerges, haunted by terrorism and pervasive conservatism. And when Danial Shah leaves the studio, he films the community that comes alive in the gallery despite the tumult outside.
Using a variety of playful devices, the director creates a documentary that is funny, touching and eminently political, in which filmmaker and filmed share the leading role.

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Festivals

  • IDFA 2024 (World Premiere)

Revue de presse :

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When The Phone Rang

(Kada je zazvonio telefon)
RS, US, 2024 - 73’
« Ça s’est passé dans un pays qui n’existe plus, sauf dans les livres, (...)

« Ça s’est passé dans un pays qui n’existe plus, sauf dans les livres, les films et les souvenirs de ceux qui sont nés avant 1995 », nous informe une voix off au début du film. Un vendredi, à 10h36 du matin, le téléphone a sonné. C’était en 1992 en Yougoslavie et ça a complètement changé le monde dans lequel l’héroïne (et alter ego de la réalisatrice) vivait jusque-là. Lors de la première occurrence de l’appel (sur dix en tout), la voix de l’autre côté de la ligne annonce que son grand-père maternel est mort d’une crise cardiaque. Pour elle, cet appel a annoncé la guerre. Très vite, sa famille et elle ont quitté le pays (M. Stojilkovic - Cineuropa)

« It happened in a country that no longer exists, except in the books, films and memories of those born before 1995 », a voiceover informs us at the beginning of the film. One Friday, at 10.36am, the telephone rang. It was 1992 in Yugoslavia and it completely changed the world in which the heroine (and alter ego of the director) had been living until then. On the first occurrence of the call (of ten in all), the voice on the other side of the line announces that her maternal grandfather has died of a heart attack. For her, this call heralded war. She and her family soon left the country (M. Stojilkovic - Cineuropa)

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Festivals

  • Locarno - Première mondiale 2024 (Suisse)
  • Sarajevo Film Festival (Bosnia and Herzegovina)
  • RIDM (Canada)
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Modèle Animal

FR, 2024 - 51’
Tourné dans un laboratoire de recherche fondamentale sur le (...)

Tourné dans un laboratoire de recherche fondamentale sur le comportement animal, ce court-métrage dévoile les expérimentations menées sur les insectes par les scientifiques. À hauteur de bête, la caméra capte les traitements cruels infligés : anesthésies forcées, immobilisations par des machines, mutations génétiques, etc. Les laborantin·es semblent manipuler le vivant avec une légèreté déconcertante. « On peut tester des trucs sur un organisme vivant assez facilement, c’est un peu un tube à essai in vivo » résume l’un d’eux. Modèle animal questionne notre rapport destructeur à l’environnement. Tous les moyens sont-ils bons pour améliorer le bien-être humain ? Plongé·e dans cet environnement presque sans visages où se côtoient machines effrayantes, bruits métalliques et vrombissements d’aérations, on serait tenté·e de répondre par la négative. Au-delà de son dispositif fascinant, le court-métrage bouleverse nos certitudes et dévoile un véritable potentiel subversif.

Filmed in a fundamental research laboratory on animal behaviour, this short film reveals the experiments carried out on insects by scientists. From the animal’s perspective, the camera captures the cruel treatment inflicted : forced anaesthesia, immobilisation by machines, genetic mutations and so on. The lab assistants seem to manipulate living things with a disconcerting lightness. « You can test things on a living organism quite easily, it’s a bit like an in vivo test tube », says one of them. Modèle animal questions our destructive relationship with the environment. Are all means good enough to improve human well-being ? Immersed in this almost faceless environment of frightening machines, metallic noises and whirring air vents, it’s tempting to answer in the negative. Beyond its fascinating set-up, the short film shakes up our certainties and reveals a real subversive potential.

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Festivals

  • Cinéma du réel 2024 (France)
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Les Rengaines

BE, 2023 - 25’
Située dans le nord de Bruxelles, La Perle est un café populaire à (...)

Située dans le nord de Bruxelles, La Perle est un café populaire à l’abri de la gentrification : c’est un véritable lieu de partage où les habitant·es du quartier viennent passer du temps après leur journée de travail, créant une atmosphère conviviale et chaleureuse. Parfois, les conversations prennent une tournure plus intime, comme lorsqu’un client raconte revenir d’un enterrement avant de rapidement détourner la conversation en déclarant : « C’est triste, donc parlons plutôt de Jupiler ». Filmées avec attention et amusement, les petites saynètes se succèdent tout au long de la journée avec un véritable amour pour le lieu. Mais au-delà d’un simple documentaire sur les habitué·es, Les rengaines se présente aussi comme un film musical hanté par le fantôme de Johnny Hallyday. Entre séances de karaoké et événements marquants, La Perle vit au rythme des chansons et reste un témoignage vibrant d’une âme bruxelloise en voie de disparition.

Located in the north of Brussels, La Perle is a popular café that is safe from gentrification : it’s a place where local residents come to hang out after their day’s work, creating a warm and friendly atmosphere. Sometimes the conversations take a more intimate turn, as when a customer talks about coming back from a funeral before quickly diverting the conversation by declaring : « It’s sad, so let’s talk about Jupiler instead ». Filmed with care and amusement, the little sketches follow one another throughout the day with a real love of the place. But more than just a documentary about the regulars, Les rengaines is also a musical film haunted by the ghost of Johnny Hallyday. Between karaoke sessions and significant events, La Perle lives to the rhythm of the songs and remains a vibrant testimony to a Brussels soul on the verge of disappearing.

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Festivals

  • Visions du Réel 2024 (CH)
  • Cinémondes (FR)
  • IDFA (Pays-Bas)
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Silence of Reason

(Šutnja razuma)
MK, BA, 2023 - 63’
TW : Violences sexistes et sexuelles Des corps de femmes sont (...)

TW : Violences sexistes et sexuelles

Des corps de femmes sont retrouvés dans la Drina. Ce sont des victimes de viols de masse dans le camp de Foča, dirigé par des policiers serbes pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine entre avril 1992 et janvier 1994. Ces femmes, civiles bosniaques, étaient séquestrées et violées dans une volonté de nettoyage ethnique. En s’appuyant sur les archives du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, la réalisatrice utilise les témoignages des survivantes qu’elle associe à des lieux désormais vides mais chargés d’histoire. À travers une esthétique proche du cinéma expérimental — voix déformées, vidéo analogique, texte à l’écran — le film adopte une forme dérangeante mais profondément politique. Tout en dénonçant l’usage du viol comme arme de guerre, Silence of Reason narre une histoire jusque là toujours racontée du point de vue masculin pour permettre aux récits des femmes de traverser le temps et de prendre place dans la mémoire collective.

TW : Sexist and sexual violence

Women’s bodies are found in the Drina. They were victims of mass rape in the Foča camp, run by Serb police officers during the war in Bosnia-Herzegovina between April 1992 and January 1994. These women, Bosnian civilians, were held captive and raped as part of an attempt at ethnic cleansing. Drawing on the archives of the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia, the director uses the testimonies of the survivors and associates them with places that are now empty but steeped in history. Through an aesthetic close to experimental cinema - distorted voices, analogue video, text on screen - the film adopts a disturbing but profoundly political form. While denouncing the use of rape as a weapon of war, Silence of Reason narrates a story that until now has always been told from the male point of view, allowing women’s stories to stand the test of time and take their place in the collective memory.

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Festivals

  • Cinéma du réel 2024 - Prix International (France)
  • États généraux du film documentaire - Lussas (France)
  • IDFA (Pays-Bas)
  • Sarajevo Film Festival (Bosnie-Herzégovine)
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Tales from the Source

BE, COD, 2024 - 39'
Tales from the source s’ouvre sur des images de l’Océan qui semble (...)

Tales from the source s’ouvre sur des images de l’Océan qui semble s’étirer à l’infini. Les vagues, au rythme tranquille, se mêlent aux ciels changeants. Véritable parenthèse expérimentale et contemplative de ce festival, ce court-métrage de Léonard Pongo fait le choix radical de ne contenir aucun visage. Les paysages spectaculaires du Congo font office de seul protagoniste, accompagnés d’une sublime bande-son composée par l’artiste vénézuelien Bear Bones Lay Low. Loin de suivre une structure linéaire traditionnelle, la narration du film adopte une approche fragmentée, construite sur des associations d’idées et des rapports de composition. Pendant une demi-heure, le·a spectateur·ice est transporté·e dans une transe visuelle et sonore où le temps semble suspendu. Les images de la nature congolaise, parfois majestueuses, parfois intimistes, s’ancrent dans la mémoire comme des fragments de rêve et une invitation à un voyage intérieur.

Tales from the source opens with images of the ocean, seemingly stretching into infinity. The calm rhythm of the waves mingles with the changing skies. An experimental and contemplative interlude in the festival, this short film by Léonard Pongo makes the radical choice of containing no faces. The spectacular landscapes of the Congo are the only protagonists, accompanied by a sublime soundtrack composed by Venezuelan artist Bear Bones Lay Low. Far from following a traditional linear structure, the film’s narrative takes a fragmented approach, built on associations of ideas and compositional relationships. For half an hour, the viewer is transported into a visual and aural trance where time seems suspended. The images of Congolese nature, sometimes majestic, sometimes intimate, linger in the memory like fragments of a dream and an invitation to an inner journey.

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Festivals

  • Goldsmiths CCA London, (GB) 2024
  • DOK Leipzig, (DE) 2024
  • Doclisboa Lisbon, (PT) 2024
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Nafura

FR, 2023 - 28’
À Djeddah, dans la province de la Mecque en Arabie saoudite, trois (...)

À Djeddah, dans la province de la Mecque en Arabie saoudite, trois amies inventent un jeu pour tromper leur ennui : si elles utilisent un mot illégal ou interdit, elles le remplacent par le mot nafura, qui signifie fontaine. « Hier, j’ai fumé une nafura et ça m’a fait tourner la tête », commence l’une d’entre elles. Cette première tentative laissera bientôt place à d’autres déclarations plus inquiétantes : « Les garçons se font nafurer s’ils tentent de s’exprimer », ou encore « Vous vous rappelez quand je suis tombée enceinte et que je l’ai nafuré ? » Pour accentuer le caractère étouffant de la censure, les visages des trois femmes se voient recouverts par des tâches de lumière ajoutées au montage. Ainsi, bien qu’elles ne portent pas le voile, les seuls visages du film que nous verrons seront masculins. À travers ce court-métrage ludique, onirique et politique, Paul Heintz mène une réflexion profonde sur le pouvoir, les interdits et les rôles assignés aux femmes dans la société saoudienne. Les trois héroïnes, par leurs déambulations nocturnes empreintes de liberté, incarnent une génération en quête d’indépendance face au poids du conservatisme et des traditions.

In Jeddah, in the province of Mecca in Saudi Arabia, three girls invent a game to relieve their boredom : if they use an illegal or forbidden word, they replace it with the word "nafura", which means "fountain". « Yesterday, I smoked a nafura and it made my head spin », begins one of them. This first attempt soon gave way to other more worrying statements : « Boys get nafured if they try to express themselves », or « Remember when I got pregnant and I nafured ? » To accentuate the stifling nature of the censorship, the faces of the three women are covered by light halo added in post-production. So, although they do not wear the veil, the only faces we see in the film are male. Through this playful, dreamlike and political short film, Paul Heintz leads a profound reflection on power, prohibitions and the roles assigned to women in Saudi society. The three heroines, with their free-spirited nocturnal wanderings, embody a generation seeking independence from the weight of conservatism and tradition.

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Festivals

  • FID Marseille (France)
  • RIDM (Canada)
  • Sarajevo Film Festival (Bosnie-Herzégovine)
  • Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand - Prix Spécial du Jury (France)
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Ce qu’on demande à une statue c’est qu’elle ne bouge pas

(Αυτο που ζηταμε απο ενα αγαλμα ειναι να μην κινειται)
GR, FR, 2024 - 31’
Manifeste aussi poétique que politique, le film de Daphné Hérétakis (...)

Manifeste aussi poétique que politique, le film de Daphné Hérétakis multiplie les registres et emprunte au documentaire, à l’essai, à l’exercice du micro-trottoir et même à la comédie musicale pour interroger avec humour et irrévérence notre rapport au passé - et le poids qu’il peut représenter. Ce faisant, il pose un regard acéré sur l’enlisement d’un pays et par extension de nos sociétés contemporaines, et interroge le sens de l’art, du patrimoine, et de l’action politique. Une déambulation joyeuse et fulgurante d’intelligence qui dessine, en filigrane, le désir d’une cinéaste d’ajuster son propre regard à ses convictions (M-P Mollaret, Semaine de la Critique)

A manifesto as poetic as it is political, Daphné Hérétakis’s film uses a variety of styles, borrowing from documentaries, essays, micro-trotters and even musicals, to question our relationship with the past - and the weight it can represent - with humour and irreverence. In doing so, he takes a sharp look at the stagnation of a country and, by extension, of our contemporary societies, and questions the meaning of art, heritage and political action. It’s a joyful, dazzlingly intelligent journey that reveals the filmmaker’s desire to align her own vision with her convictions (M-P Mollaret, Semaine de la Critique).

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Festivals

  • Semaine de la critique de Cannes 2024 (France) - Première mondiale
  • DOK Leipzig 2024 (Allemagne)
  • Ji.hlava International Documentary Film Festival 2024 (République tchèque)
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We Had Fun Yesterday

BE, 2024 - 33’
Devant la façade d’un vieux musée, Marion Guillard tombe par hasard (...)

Devant la façade d’un vieux musée, Marion Guillard tombe par hasard sur une colonie de martinets noirs. Elle saisit sa caméra, commence à filmer puis s’interroge : quel est cet étrange malaise qu’elle ressent ? Point de départ d’une introspection sur son rapport à la nature, la réalisatrice raconte son parcours dans le cinéma animalier et son évolution vis-à-vis de sa pratique. D’abord passionnée, elle devient boulimique. Mais la nature se fige dans son objectif, elle n’y retrouve pas la beauté qu’elle admire. Au-delà d’une simple réflexion sur le pouvoir mortifère des images, Marion Guillard dresse des parallèles avec son vécu de femme, revenant notamment sur la grossophobie qu’elle a subie adolescente. L’intelligence du discours se mêle alors à la puissance émotionnelle de souvenirs intimes, faisant de We had fun yesterday une réussite totale.

Marion Guillard stumbles across a colony of black swifts in front of an old museum. She grabs her camera, starts filming and then asks herself : what is this strange unease she feels ? This is the starting point for an introspective look at her relationship with nature, as the director recounts her journey into wildlife film-making and how it has evolved. Initially passionate, she became bulimic. But nature froze in her lens, and she was unable to capture the beauty she admired. Beyond a simple reflection on the deadly power of images, Marion Guillard draws parallels with her own experiences as a woman, in particular going back over the grossophobia she suffered as a teenager. The intelligence of the discourse blends with the emotional power of intimate memories, making We had fun yesterday brilliant film.

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Festivals

  • DOK Leipzig (2024)
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